Mise à jour le 27/07/2018


Nouvelles d'ici et d'ailleurs

Revue de presse

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« Qui sont les Doms ? »

Au Liban, peu sont ceux qui seront en mesure de vous répondre. Faisons cependant un petit effort de mémoire : ne vous souvenez-vous pas de ces silhouettes émanant de baraques de fortune bordant l’autoroute? De cette petite fille dont vous avez croisé le regard grave et qui vous a supplié de dégainer quelques sous en échange d’un modeste paquet de chewing-gum ?

Peu de gens au Liban sont au fait de l’existence des Doms, et pour cause. Ceux-ci sont désignés sous l’appellation de « Nawar » en arabe. Dérivé du mot « feu » en référence à leur activité traditionnelle de forgerons, ce terme générique s’est peu à peu empreint de connotations péjoratives pour aujourd’hui désigner le « non-éduqué, le non-civilisé ». « Cela veut dire tout ce qu’on veut : bon à rien, voleur, tricheur… C’est presque l’insulte suprême », expliquait de son vivant Jean-Paul Pascual, chercheur au CNRS.


Des « Libanais de seconde zone »
À la suite du « décret de naturalisation » promulgué par Rafic Hariri en 1994, la majorité des Doms installés au Liban depuis quelques générations obtiendra la nationalité libanaise. L’extrême marginalisation dont souffre la communauté ne connaîtra pas d’amélioration pour autant. Les chiffres sont parlants : d’après la dernière étude en date, publiée par l’ONG Terre des hommes en 2011, 76 % des familles doms interrogées vivent dans un état d’extrême pauvreté (avec moins de 2,4 dollars par jour), contre 8 % au niveau de la population libanaise.

Une telle indigence a bien entendu un impact considérable sur la santé et le niveau d’instruction global de la communauté. La même étude a constaté que 77 % des Doms interrogés sont analphabètes, contre 10,3 % pour la population libanaise dans son ensemble. Ayant très peu accès à l’éducation (68 % des enfants sont déscolarisés), les Doms exercent des métiers manuels peu qualifiés et se retrouvent le plus souvent vendeurs de rue ou travailleurs dans les champs. Les enfants contribuent à la survie des familles et sont souvent voués à la mendicité.

La perception de la société libanaise à l’égard des Doms est également un facteur d’exclusion majeur : découragés et humiliés par l’image qu’on leur renvoie, nombreux sont ceux qui n’osent jouir pleinement des droits que leur réserve leur nationalité récente. « Les Doms se voient comme des apatrides, ils habitent sur des terres “squattées”. Ils sont donc facilement expulsables », explique Catherine Mourtada, cofondatrice de l’ONG Tahaddi. Considérés comme au plus bas de l’échelle sociale libanaise, on leur prête des attitudes déviantes du fait de leur itinérance passée, de leur pauvreté et de leur supposée implication dans la prostitution.

Une auto-exclusion souterraine
Si le rejet des Doms est prégnant dans la société libanaise, l’auto-exclusion n’en est pas moins un facteur important de leur marginalisation. Fadia a 37 ans et six enfants. Mariée depuis l’âge de 14 ans à un luthier venu de Syrie et dom comme elle, elle travaille depuis de nombreuses années dans les locaux de l’ONG Tahaddi, à Hay el-Gharbeh, à la périphérie du camp de Chatila, où vit la plus grande communauté dom de Beyrouth. « Les Libanais ont beau avoir des problèmes, nous en aurons toujours plus qu’eux. Moi je me sens plus dom que libanaise, même si j’ai la nationalité. Mon père a d’ailleurs refusé le passeport », confie-t-elle.

Pour Catherine Murtada, « les familles doms se sentent si peu acceptées par la société qu’elles s’excluent elles-mêmes ». Les Doms ont une forte identité culturelle, un mode de vie communautaire qui leur est propre et qu’ils veulent préserver. « C’est une société dans la société », explique quant à elle Lara Arabian, à la tête de l’ONG Insan. Le diwan, moment de discussion nocturne, est l’un des piliers de cette vie hautement collective pendant lequel les hommes, toutes générations confondues, se rassemblent autour d’un café pour disserter autour du conflit de la veille ou du prochain mariage.

Mais si les anciens font de leurs traditions une fierté, ce n’est pas nécessairement le cas des plus jeunes. Le domari, langue multiséculaire à laquelle la communauté doit son nom, est aujourd’hui en train de s’oublier. « Quand je parle domari à mes enfants, ils me répondent en arabe », s’inquiète Fadia. Cela naît d’un sentiment de honte quant à cette identité qu’ils cherchent à dissimuler, mais aussi d’une volonté nouvelle de s’intégrer dans la société qui les entoure et d’échapper à la discrimination qu’ils endurent.
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Crimes de guerre

La communauté rom va porter plainte à Strasbourg contre la Serbie.

Des représentants de la communauté rom de Serbie ont annoncé qu’ils allaient se plaindre auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme suite à l’acquittement de six paramilitaires serbes accusés d’avoir tué des civils roms en Bosnie-Herzégovine en 1992.
Par la rédaction Le Conseil national des Roms de Serbie et le Centre rom pour la stratégie, le développement et la démocratie ont annoncé qu’ils allaient porter plainte contre l’État serbe auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme à Strasbourg suite au récent verdict d’un tribunal de Belgrade ayant acquitté six membres d’un groupe paramilitaire accusés d’avoir tué 28 civils roms en 1992. Selon les représentants de la communauté rom, « la Serbie a toléré un grave crime de guerre commis par des citoyens serbes en uniforme, armés par la JNA [l’Armée populaire yougoslave], l’armée de la Republika Srpska et le ministère de l’Intérieur ».
Courrier des Balkans .





Le pèlerinage des tsiganes du Limousin
par Jean-Pierre Cavaillé ·


C’est bien connu et d’ailleurs très médiatisé, les Saintes-Maries-de-la-Mer (Camargue) accueillent plusieurs fois par an des pèlerinages de Gitans, Manouches, Roms et Tsiganes vénérant Sara la Noire, leur sainte. Mais que savez-vous du pèlerinage des « gens du voyage » organisé chaque année au centre de la France pour honorer le « Devel » (Dieu en manouche) et la « Petite Sainte » (Marie) ?
C’est en effet dans le Limousin, près du petit village de Saint-Auvent, sur le bord de la rivière Gorre, au sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Paix qui imite la grotte de Lourdes, que se déroule chaque lundi de Pâques un pèlerinage dit « des gens du voyage », que la plupart des participants préfèrent appeler « pèlerinage manouche ». Les familles manouches ou de voyageurs demeurées catholiques, souvent implantées de longue date dans la région, s’y retrouvent pour une journée à la fois cultuelle, festive et conviviale, animée au son des guitares par une figure d’aumônier hors du commun.
Le film Au nom du Devel et de la Petite Sainte accompagne toute la journée de pèlerinage conduite tambour battant par Jean Nicolas, diacre de l’aumônerie des gens du voyage, accompagné de trois jeunes musiciens. Le programme, animé de chants spécifiques aux pèlerinages gitans de France (Lourdes, Port-des-Barques, etc.), est intense et associe des séquences qui se répètent d’une année sur l’autre : messe en plein air devant la grotte, baptêmes dans la rivière, chemin de croix, célébration finale de la « Petite Sainte », etc. Il comporte aussi deux séquences réinventées chaque année par les pèlerins eux-mêmes : un geste de pardon le matin et un geste de résurrection l’après-midi, qui investissent les éléments et les objets naturels (l’eau de la rivière, les arbres des bois avoisinants, le feu, etc.).
Nous avons tenté de saisir l’émotion qui se dégage de ce rassemblement modeste, d’une grande simplicité et bon enfant. Une émotion forte, mais aussi lourde de toutes les difficultés — pour l’essentiel liées à l’image négative dont la communauté est l’objet — qui pèsent sur participants et que ces derniers expriment au détour d’une station du chemin de croix. Aussi avons-nous choisi de donner une place importante aux interviews des acteurs du pèlerinage, profitant du grand pique-nique de midi et d’autres moments de pause. Nous leur avons demandé d’une part, ce qui les retient une journée durant, souvent dans les conditions climatiques précaires dans le froid printemps limousin, en ces lieux modestes, peu aménagés, retirés, presque sauvages, et d’autre part, ce qu’ils cherchent à dire en proposant chaque année de nouvelles performances de piété collective.






Le festival Django-Reinhardt fête ses 50 ans

Le premier festival Django Reinhardt a eu lieu le 19 mai 1968 à Samois-sur-Seine: pour fêter l'événement, plusieurs guitaristes manouches renommés jouaient samedi dans ce village de Seine-et-Marne, en préambule à l'édition 2018 organisée de jeudi à dimanche à Fontainebleau.
"Quand je l'ai entendu jouer pour la première fois, je me suis dit +personne ne peut jouer aussi bien+", a déclaré à l'AFP le guitariste et chanteur George Benson, qui sera l'une des têtes d'affiche du festival cette année.
"Les manouches apportent à la musique une forme de romantisme, Django y ajoutait la classe", poursuit le musicien américain, avant de fredonner au téléphone "Nuages", sa composition préférée de Django, mort en 1953 et vénéré non seulement en Europe mais aussi aux Etats-Unis (son personnage est au coeur du film de Woody Allen, "Accords et désaccords", paru en 1999).
L'auteur du méga-tube "Give me the night" reviendra au festival pour la deuxième fois. Mais ce sera sa première apparition au Parc du Château de Fontainebleau, où le festival a déménagé en 2016 après les crûes ayant inondé l'Île du Berceau à Samois-sur-Seine, où il avait lieu depuis longtemps.
Au départ, le festival se résumait à une simple soirée entre amis. Épisodiquement, ils se retrouvaient sur un podium prêté par la mairie pour perpétuer la mémoire de Django, dans le village où il a passé les dernières années de sa vie, est enterré et où il a sa statue. Le festival est devenu pérenne en 1980. Profitant d'un renouveau du jazz manouche dans les années 1990, il a grossi, et s'étale désormais depuis 2010 sur cinq jours.
En défendront cette année les couleurs, les as de la six cordes que sont Biréli Lagrène, Stochelo Rosenberg, le Belge Faby Lapertin (Django Reinhardt est né en Belgique, où vit une importante communauté manouche), l'Allemand Gismo Graf, ou encore Brady Winterstein qui incarne la relève d'une musique se perpétuant sans cesse.
Sans oublier le Village des luthiers où se retrouvent des guitaristes venus du monde entier (France, Europe, mais aussi Etats-Unis et Australie) pour des joutes mémorables.
30/06/2018 12:19:22 - Paris (AFP) - © 2018 AFP





Le violoniste Didier Lockwood,

Le festival Jazz musette des Puces aura une saveur particulière pour sa 14e édition samedi et dimanche à Paris: son organisateur Serge Malik l'a rebaptisé Festival Didier Lockwood, en hommage au violoniste mort subitement en février, qui en était avec lui l'instigateur et le parrain.
"C'était mon meilleur ami depuis 45 ans, on a joué ensemble pour la première fois à l'âge de 17 ans", a confié à l'AFP Serge Malik, très affecté par le décès de Didier Lockwood.
"Je ne me voyais pas ne pas l'honorer", poursuit le petit fils du créateur du marché Malik, guitariste qui a fait une carrière de "requin de studio" (notamment pour Henri Salvador, Michel Polnareff ou Michel Berger) pendant que son "pote" embrassait une carrière de jazzman.
L'idée de monter ce festival entièrement gratuit dans le quartier des Puces, à cheval sur Paris et Saint-Ouen à la Porte de Clignancourt, qui fut après-guerre et jusqu'aux années 1960 un haut lieu du jazz manouche et du musette, est née en 2004.
"On est allés casser une graine au Picolo (bar-concert des Puces), et là je lui ai dit +c'est dommage que l'identité culturelle des Puces se réduise à peau de chagrin et à quelques pôles de résistance: le Picolo, la Chope, et Chez Louisette+, il va falloir créer un événement", raconte Serge Malik, natif de Saint-Ouen.
Didier Lockwood est partant mais tient à ce que le mot musette figure à côté du mot jazz. Le festival Jazz et Musette était né, avec une première édition aux beaux jours en 2005.
- "Avec lui, je joue mieux" -
Au cours de sa carrière, Didier Lockwood a souvent joué et improvisé avec les musiciens de jazz manouche.
Serge Malik rappelle à ce sujet ce que lui avait dit un jour Ninine Garcia à propos de son ami violoniste. "Avec lui, je joue mieux que moi-même", lui avait confié l'un des guitaristes les plus talentueux du swing manouche, un style rendu célèbre grâce à Django Reinhardt.
Ninine Garcia sera bien sûr de la fête cette année avec, entre autres virtuoses manouches de la six cordes, Stochelo Rosenberg, Biréli Lagrène ou Romane, et leurs alter ego gadjo Sylvain Luc, Jean-Marie Ecay ou Olivier Louvel.
D'autres musiciens renommés, dont l'accordéoniste Marcel "Chauffe Marcel" Azzola, l'harmoniciste Jean-Jacques Milteau ou le bassiste Linley Marthe, participeront avec eux samedi de 19h00 à minuit au Grand Concert au Cap Saint-Ouen, sur un ancien quai de marchandises transformé pour l'occasion en scène.
"Je n'ai appelé personne, ils sont tous venus d'eux-mêmes", a souligné Serge Malik.
Tous ces musiciens, et d'autres, participeront les après-midi du samedi et du dimanche à la désormais traditionnelle tournée des marchés et des bars. Sans compter les artistes en résidence dans plusieurs restaurants, et La Guinche, un quartette installé dans une caravane décorée façon "vintage", qui animera le bal, dimanche soir en clôture, dans le stade Bertrand Dauvin.
Serge Malik, pour sa part, quittera l'organisation après cette édition à la mémoire de son ami, tout en exprimant le souhait que le rendez-vous continue et garde à l'avenir le nom de Didier Lockwood.
afp





Les gitans bloquent la rocade

Mercredi 9 Mai 2018
La rocade Castres-Mazamet est actuellement coupée. La raison ? Pour une histoire de refus de prise en charge par l’assurance après un sinistre autour d’une caravane sur le camp de la Vivarié, trois foyers de la communauté des gens du voyage ont décidé de bloquer la rocade avec une caravane et des palettes qu’ils ont incendiées. Un bucher a aussi été lancé devant l’air. La police municipale et nationale sont sur place.
Une déviation a été mise en place au niveau de l’hôpital intercommunal.





Montfarville. Du jazz manouche avec Am Ketenes

L'Aset reçoit les musiciens manouches pour collecter des dons en vue de l'achat d'un camping-car.
Samedi 14 avril, à 20 h 30, en l'église Notre-Dame, le groupe "Am Ketenes" composé de 4 musiciens de jazz manouche, présentera son nouveau spectacle "Voyage en Tziganie" qui retrace leur parcours depuis leur origine. Le groupe "Am Ketenes" dont le nom signifie "tous ensemble" en langue tzigane est parvenu à un mélange réussi de jazz façon Django Reinhardt, d'airs traditionnels manouches et de rythmes de bossa, swing, valse.





Musée national de l'histoire de l'immigration, l'histoire des populations tsiganes fait encore l'objet d'une grande méconnaissance. L'instrumentalisation politique récurrente de la situation de certains immigrés venus d'Europe de l'Est tend à brouiller encore plus les cartes, à travers la figure du "Rom".

La Fabrique de l'Histoire l'analyse d'un mot qui catégorise un groupe de gens, et une plongée dans l'histoire pour comprendre la genèse du terme en question et du groupe désigné. Aujourd'hui, le nom de "Rom", s'il peut renvoyer à l'ensemble des populations tsiganes en Europe, est également largement utilisé dans les médias pour désigner une minorité d'immigrés d'Europe de l'Est. Ce qui sème la confusion.

Si le terme "Rom" a été adopté aujourd'hui par certains représentants de ces populations pour revendiquer leur existence comme peuple à part entière, il est aussi utilisé à tort et à travers dans le langage médiatique, semant la confusion : "rom" désigne souvent dans les médias les populations "roms" de Roumanie, de Bulgarie et de Hongrie qui émigrent en France depuis les années 1990, et en particulier celles se retrouvant à la rue dans une situation sociale complexe.

Cette désignation revient à une stigmatisation, car elle ne rend pas compte de la réalité : l'immigration des "Roms" d'Europe de l'Est s'intègre dans un mouvement plus global d'immigration issue de ces pays, elle ne concerne donc pas les seuls Roms. En outre, la situation sociale très précaire de certains de ces immigrés visibles dans le paysage urbain, nourrit le cliché d'une population itinérante, alors même qu'en Europe de l'Est, la majorité des Roms sont depuis plusieurs dizaines d'années sédentaires. Enfin, sur la base de ce cliché, et à tort, le terme "Rom" va jusqu'à désigner l'ensemble des populations dite tsiganes en France, dont l'histoire est bien plus ancienne.

La confusion qui règne dès qu'on parle de populations tsiganes s'appuie sur la tendance à assimiler tsiganes et étranger, un phénomène à l'oeuvre de longue date dans l'histoire française.

La population tsigane est présente en France depuis le XVe siècle, avec l'implantation progressive de dynasties Sinti et Manouche. Si l'Ancien régime accordait la protection seigneuriale à certaines familles, comme l'a montré l'historienne Henriette Asséo, la stigmatisation de cette population par les autorités se construit progressivement pour s'accélérer à la fin du XIXe siècle, dans un contexte de lutte contre l'insécurité publique. A l'époque, on ne parle pas de "Roms" ni de tsiganes, mais plutôt de "bohémiens" et de "romanichels".

Un ensemble de décisions administratives et juridiques vont renforcer la création, à partir de stéréotypes anciens, d'une figure de paria moderne, censée être incarnée par ces tsiganes. A commencer par la décision en 1895 de recenser "tous les nomades, bohémiens et vagabonds", suivie quelques dizaines d'années plus tard, par la loi du 16 juillet 1912 "sur l’exercice des professions ambulantes et la circulation des nomades".

Cette loi instaure définitivement dans le paysage politique et social la catégorie des "nomades" : citoyens à part, français pour leur majorité, ils sont soumis à différents contrôles de circulation, effectifs grâce à des carnets d'identité anthropométriques. De fait, chaque individu y figure en photo de face et de profil, enfant comme adulte, avec ses empreintes digitales et ses feuilles de vaccination. Le carnet doit être visé à chaque entrée et sortie d'une commune, quelle qu'elle soit, rendant la mobilité très difficile.

Tout en les distinguant des forains, la loi de 1912 définit donc sans les nommer les populations tsiganes : la définition se réduit au nomadisme, particularité assimilée à un danger pour la communauté nationale.


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À Louviers, une plaque en mémoire des tsiganes internés dans un camp pendant la Seconde Guerre mondiale

Beaucoup l'ignorent, mais pendant la Seconde Guerre mondiale, un centaine de tsiganes ont été internés dans un camp, à Louviers dans l'Eure. Des gens du voyage, réprimés par les autorités françaises et allemandes. Pour ne pas les oublier, une plaque commémorative a été inaugurée ce week-end.
Pendant le conflit, les nomades sont suspectés d'espionnage par le régime nazi. Les autorités françaises ont pour ordre de les arrêter, dans la rue, ou pendant des rafles. Ils sont ensuite parqués dans des camps, où ils vivent dans des conditions déplorables.
Ces familles ont des racines historiques dans notre pays
Cela permet aussi de rappeler que les nomades sont des citoyens français, qui ont vécu l'horreur de la guerre comme le reste de la nation. "Parce qu'aujourd'hui, on confond trop souvent les gens du voyage avec les Roms, venus des pays de l'Est, déplore Jacques Dupuis, à la tête d'une association tsigane. Or ce sont des familles qui ont des racines historiques dans notre pays."
Par Hélène Fromenty, France Bleu Normandie






Une femme "Jogi", tsiganes afghane, en Afghanistan

"Ce champ ne nous appartient pas", s'empresse de préciser Mollah Wural. Chef de cette communauté d'une centaine de maisons en terre impeccablement tenues, c'est lui qui négocie la location du terrain sur lequel 140 familles jogi sont installées depuis une huitaine d'années.
"Nous sommes la seule communauté d'Afghanistan qui ne possède pas de terre", affirme-t-il. "Autrefois on voyageait, mais la situation est devenue trop dangereuse, mieux valait s'établir", glisse-t-il.
Si la province de Balkh est relativement calme et prospère, les talibans, redoutés des Jogis, sont présents à moins de 20 km à l'ouest de Mazar et plus de 40% du territoire afghan échappe au contrôle gouvernemental. Des membres de la communauté Jogi, des gitans afghans, dans leur maison, à la périphérie de Mazar-i-Sharif, le 6 décembre 2017 en Afghanistan
Arrivés au milieu du XIXe siècle d'Ouzbékistan et du Tadjikistan actuels, les Jogi appartiennent à un ensemble de nomades appelés "Jat" en langue darie, une dénomination aussi péjorative que les "romanichels".
Mollah Wural estime qu'il y a "350 à 400 familles dans la province"; selon les estimations officielles, ils seraient autour de 20 à 30.000, principalement dans le nord et le nord-est de l'Afghanistan et bien à l'écart du principal groupe nomade du pays, les Kutchis.
AFP
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5 prodiges du jazz manouche à voir et à entendre

Depuis Django Reinhardt, la tradition du jazz manouche se transmet de la plus éclatante des manières. Plusieurs adeptes perpétuent ce culte de manière très différenciée. Dans le respect des tables de la loi, en l’ouvrant sur la guitare flamenco ou classique, en n’hésitant pas à s’enrichir au contact de la chanson française ou de la variété.
Voici cinq portraits d’artistes qui font font vivre ce genre, de Biréli Lagrenne à Sacha Nemmar en passant par Raphaël Faÿs, Big Ben Trio ou Angelo Debarre.

Biréli Lagrène, Angelo Debbarre, Raphaël Faÿs , Big Ben Trio ,Sacha Nemmar

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Les Roms du Kosovo, victimes oubliées de la guerre.

La guerre du Kosovo n'était pas la leur, mais elle a forcé à un exode sans retour des dizaines de milliers de Roms, éternels boucs émissaires des Balkans.
Au Monténégro voisin, dans le camp de Konik, en banlieue de Podgorica, le dixième anniversaire de l'indépendance du Kosovo, aura un goût amer samedi. Ils sont 2.000 à y vivre, dans des appartements récents pour les plus chanceux, dans des conteneurs aménagés ou des baraques pour les autres.
Ils ont fui le Kosovo il y a près de 20 ans, souvent accusés par la rébellion indépendantiste kosovare albanaise (UCK) de collaboration avec les forces serbes lors d'une guerre qui a fait 13.000 morts, en grande majorité albanais (1998-99). Une accusation souvent gratuite.
Serdjan Baftijari, 25 ans, était un enfant quand il a quitté Gracanica, ville d'un des plus beaux monastères orthodoxes du Kosovo. C'était l'été 1999, le vent avait tourné, les bombardements de l'OTAN avaient contraint Belgrade au retrait de ses troupes, l'UCK prenait le contrôle du territoire.
"Les Albanais gagnaient la guerre", "cela ne sentait pas bon pour les Serbes. Nous vivions dans une localité à majorité serbe, nous avons eu peur", dit Serdjan, pour qui les siens ont payé de n'avoir "pas choisi un camp".





Le 31 janvier, des jeunes de Garges-Lès-Gonesse ont délogé un groupe de roms qui squattait la maison de Youcef, 76 ans, que la police n’avait pas pu évacuer pour des raisons légales. Un épilogue plus dangereux que satisfaisant.

Ce mode opératoire rappelle les méthodes bien organisées des Frères Musulmans
Voir Youcef récupérer son bien est satisfaisant.
La propriété est sacralisée par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, dans ses articles 2 et 17. Et l’angoisse commune à tous les propriétaires de France de voir leur maison squattée n’a d’égal que le bonheur partagé de voir ces squatteurs éjectés. Et pourtant c’est un bien grand danger que de s’abandonner à cette satisaction, qui crée bien plus de troubles qu’elle n’en résout.
Car une milice fonctionne comme une mafia. Elle prend le relai de l’Etat quand il n’assure plus ses fonctions régaliennes. Elle se fait accepter de la population, qui a besoin de sécurité. Mais cette sécurité a un coût. Les milices ne font pas appliquer le droit de la République mais leurs valeurs, leur propre vision de la « Justice », et celle-ci est trop souvent faite de lynchages et de violence.
L'Etat doit reprendre la main
Ne nous réjouissons donc pas trop vite de voir l’Etat céder le terrain aux milices. Il doit reprendre la main rapidement sur ses fonctions régaliennes et fixer des priorités claires en ce sens dans ses budgets, afin de garantir la sécurité de la population. Faute de quoi, il surgira de la boite de Pandore ouverte à Garges-lès-Gonesse des calamités auxquelles le pouvoir ne pourra bientôt plus faire face.








Une délégation d'une quarantaine de gitans de différents quartiers de Montpellier s'est invité, ce jeudi soir, au conseil municipal de Montpellier.

Ambiance houleuse, presque électrique par moment, ce jeudi soir lors du conseil municipal de Montpellier. Une quarantaine de gitans, menée par leur représentant Fernand Maraval, alias Yaka, a manifesté son inquiétude, autant que son opposition, face au projet d'un camp d'hébergement temporaire, rue de Bionne.
Un village temporaire
L'Etat y a prévu environ 28 bungalows, d'ici l'été, pour loger des roms jusque là contraints de vivre, dans des conditions indignes, sur un terrain de la Métropole, à Parc 2000, entre La Paillade et Celleneuve.
Le maire, Philippe Saurel, a rappelé que la Ville avait reçu "un avis d'expulsion des roms. Le sujet a déjà été débattu. Ce futur village de Bionne sera temporaire. Il y aura un travail fait auprès des familles pour qu'elles accèdent à des logements sociaux. Et il ne s'agira pas d'un camp mais d'un village aménagé par l'Etat."
" Nous n'avons rien à voir avec des gitans de Roumanie "
Fernand Maraval, du haut de la tribune réservée au public, a rappelé le travail restant à faire pour des gitans montpelliérains, notamment au quartier Montaubérou ("laissé sans lumière") et aux Marels ("une grand-mère y distribue le courrier !").
Le porte-parole de la communauté, reprochant à Philippe Saurel un manque de dialogue a fini par dire : "On décide pour nous qui souffrons déjà dans des ghettos. Nous n'avons rien à voir avec des gitans de Roumanie." Philippe Saurel répondra "entendre les demandes".


midi.libre.fr






Roumanie - village tsigane .

Cette action a été menée par notre Fondation BATAMMARIBA, en partenariat avec les associations OBJECTIF MONDE et CALEA VIETII. Il s'agissait d'un programme ponctuel d'amélioration de l’habitat d'une famille Tsigane en Moldavie Roumaine, dans le village de Crucea.
Toute cette zone est peuplée uniquement de communautés Tsiganes. Il s'agit d'un"pays différent" du reste de la Roumanie. Les villages ont un peu d'électricité, des bornes fontaines d'eau (pas d'adduction dans les maisons), ainsi que des latrines. En hiver, le chauffage est assuré par la combustion de bois ou de gaz. Les villages sont rudimentaires et la population vit de cultures vivrières.
À Crucea, la famille SANDU se trouvait à l'écart et survivait, avec 11 enfants, dans des conditions complètement insalubres (pas d'électricité, pas d'eau, pas de latrines, "habitation" sans fermeture, pas de chauffage,... La famille SANDU que nous avons rencontrée se trouve dans un dénuement aussi grand que ce que nous voyons par exemple en Afrique. En plus en hiver les températures atteignent jusqu'à moins 30 degrés.
La famille a été relogé dans le village dans une habitation correcte, financée par la Fondation BATAMMARIBA.




Incendie criminel

Selon les premiers témoignages, l’incendie du campement rom de la Fauceille est d’origine criminelle. Heureusement sans faire cette fois de victime. Les incendiaires, venus à moto, ont allumé à proximité un feu qui, poussé par une forte tramontane, a détruit presque toutes les caravanes. Une nouvelle ignoble agression anti-Roms.
De tels actes sont à condamner fermement. Ils ne sont pas seulement le produit de la lâcheté criminelle de leurs auteurs. En sont aussi responsables tous ceux qui incitent à la haine raciste contre les Roms. Ces populations, parmi les plus pauvres des pauvres, sont victimes de politiques qui les stigmatisent, criminalisent et discriminent, les obligeant à (sur)vivre dans des conditions inhumaines.
L’urgence aujourd’hui est leur relogement, dans des conditions dignes. Et nous tenons particulièrement à saluer la solidarité populaire qui s’est spontanément manifestée et organisée pour apporter une aide immédiate aux familles roms de la Fauceille. C’est par cette solidarité active, la plus large possible, que l’on pourra faire respecter leurs droits et combattre toutes les discriminations.
Perpignan, le 5 décembre 2017. Communiqué de presse du NPA 66
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